Steve Jobs, Pourquoi il nous manque déjà 0



Quel informaticien, technophile, entrepreneur ou développeur Apple pourrait ne pas poster sur son blog, un message sur Steve Jobs aujourd’hui ?

Comme je suis concerné par toutes ces catégories, je ne peux pas y échapper …

Alors, que toute la presse – spécialisée ou non -, et de manière plus générale le monde entier, rend homme à Steve Jobs aujourd’hui, on est en droit de se demander : mais qu’a fait Steve Jobs pour mériter tout cela ?

Steve Jobs a fait de magnifiques produits, bien sûr.
Steve Jobs a révolutionné l’informatique, c’est certain.
En fait, Steve Jobs a révolutionné le monde avec de magnifiques produits, et surtout avec sa passion.

C’est dans la manière dont il a incarné le marketing personnel et dont il a su vendre ses produits en mettant sa passion présentoirs qu’il aura révolutionné le monde de l’entreprise.
Pour ma part, ce qui va me manquer à coup sûr, ce ne sont pas tant ses inventions pour ce qu’elles étaient, c’était l’idée que je me faisait de la personne qui avait façonné les produits que j’utilise tous les jours.

C’est étrange, mais pour le moment j’ai plus l’impression que nous avons perdu un grand acteur – un artiste – qui nous était familier, et les conversations qu’on aurait rêvé avoir avec lui, que les potentiels formidables autres produits qui lui restaient à concevoir.

À la limite, le plaisir n’était pas d’acheter ou de consommer ses produits, mais de le voir essayer de nous les vendre.

C’est ça qui, à moi, va me manquer.
Les meilleurs partent toujours trop jeunes. Heureusement qu’il leur faut si peu de temps pour changer le monde.

Le Logiciel Libre, Libéré 1



Canonical ou le retour de l’Ambition dans le Libre

Comme je le relatais dans un précédent post, Canonical et sa distribution Ubuntu apparaissent de plus en plus comme des acteurs majeurs – en devenir – du secteur Informatique grand public. Non content de proposer un OS qui, de l’avis de tous, recolle de plus en plus au niveau par rapport à ses challengers directs Windows et MacOS, Canonical continue en effet à se projeter dans de nouveaux produits et services tels que :

  • Ubuntu One, le service d’hébergement/synchronisation de fichiers en ligne, dont la déclinaison « Music Store » tente de s’imposer comme l’iTunes de Linux
  • Les Tablettes, Ubuntu est la première des grandes distributions « classiques » à investir ce type de périphérique, avec comme d’habitude une ambition non mesurée.

Si le succès n’est bien sûr par acquis, pour ma part je suis frappé de voir que le Libre Grand Public fait enfin son chemin, libéré de tout complexe. 10 ans que j’entendais toute une communauté  - ou presque – espérer cela. L’occasion rêvée pour un FlashBack.

80′s Naissances du Libre

le Logiciel Libre est né bien avant que je n’aie tapé mes premières commandes sous bash. Si l’on devait choisir une date pour sa naissance, on prendrait sûrement 1984, année où Richard Stallman, chercheur au MIT, crée la Free Software Foundation. C’est en 1991 que la version 0.1 du noyau Linux voit le jour. Ce qui sera désormais le principal Avatar du Libre est né, et l’Histoire du Logiciel Libre peut vraiment commencer. Et Linux de se répandre à toute vitesse dans les Laboratoires et les Universités.

GNU rencontre Linux

GNU rencontre Linux : La création de la FSF et la naissance de Linux, l'une des naissances du Logiciel Libre. (Illustration de Rui Damas)

90′s : Communautés et Big Firms

La naissance, je n’ai pas connu. J’ai commencé à m’intéresser au monde du Logiciel Libre il y a maintenant 10 ans, en 2001. À l’époque, la distribution la plus populaire était RedHat 7.2, et linuxfr.org était un des « place-to-be » des Libristes francophones. On y commentait (et on y commente toujours) logiciels, forks et trolls. Parallèlement, Linux commençait à être plus que bien représenté dans les « Big Firms » – IBM avait commencé depuis quelques années (1998) le supporter - où il était surtout utilisé comme outil d’exploitation (calculateurs, serveurs), mais très loin encore du grand public.

Reh Hat 7.2

Red Hat 7.2, mon Berceau Libre

2000‘s : Geeks et premières rencontres avec le grand public

Le milieu des années 2000 a été un moment-clé dans l’Histoire du Libre, celui où pour la première un système Libre a été plus que très largement diffusé auprès du grand public. En effet au-delà du fait que la totalité des internautes – dont le nombre croît exponentiellement – utilise maintenant indirectement des technologies libre (serveurs Apache, etc.), c’est à cette période que Google s’est décidé à se lancer dans le logiciel pour mobile. L’OS choisi par Google pour investir ce marché est Android, un OS Libre basé sur un noyau Linux. Le Logiciel Libre est enfin grand public, mais pas sur le Desktop, et par une société dont l’activité principale reste le service.

À coté de cela, le phénomène Geek naît et prend de l’ampleur, et des communautés technophiles de plus en plus ouvertes s’entichent de Linux, et veulent y voir un avenir possible pour l’informatique de tous les jours.

Android

Android, ou le premier OS basé sur Linux utilisé massivement par le Grand Public

2010′s : Le Vrai Libre ?

Aujourd’hui, le Logiciel Libre semble prendre le tournant tant espéré, celui où il commence à investir le Desktop, et proposer de nouveaux services et de nouveaux produits à de M. Tout-Le-Monde, avec d’autres arguments pour séduire que la gratuité. L’âge de raison où enfin il est proposé par des sociétés dont l’activité est l’édition de logiciels, et dont la culture est l’Open-Source.

Pour la première fois, des Systèmes nés de communautés et de l’Esprit du Libre tentent d’investir des marchés en se proposant non pas comme des Alternatives, mais réellement comme des Choix à Part Entière, avec comme seules ambitions celle de l’Excellence, de l’Innovation, et de la Démocratisation.

Le Libre semble enfin s’être Libéré.

Quelles révolutions dans le libre pour 2011 ? 2



2010 vient à peine de s’achever que tous les technophiles ont commencé à faire ce qu’ils font tous les ans : balayer de la main l’an passé, et miser sur ce que seront les révolutions de l’année à venir

2011 ou La Révolution du Libre par Ubuntu

Pour 2011 et dans l’univers du libre, sur qui d’autre miser ?
Certes Androïd, bientôt riche de nouvelles déclinaisons (HoneyComb notamment), devrait, s’il ne l’est pas déjà, devenir le produit OpenSource le plus largement diffusé auprès du grand public, certes il risque de continuer à distancer iOS, BlackBerry et les autres OS mobiles, certes … Mais tout de même !

2011 est l’année choisie par Canonical (et son gourou-en-devenir de patron, Mark Shuttleworth) pour larguer deux des plus encombrants (dans le bon et le mauvais sens du terme) logiciels utilisés dans sa distribution Linux Ubuntu : Gnome et X.org devraient ainsi être, en avril puis certainement en octobre, être respectivement remplacés par Unity et Wayland. Ces composants, également utilisés par la quasi-totalité des autres distributions Linux, avaient résisté au changement depuis plus de 13 ans pour l’un, et 19 ans pour l’autre.

Si le passage de Gnome à Unity peut être perçu comme un choix plutôt qu’une révolution (changeons un ancien Desktop pour un autre Desktop avec de nouveau paradigmes), le passage de X à Wayland est autrement plus notable et important pour l’univers du Desktop Libre. En effet, avec ce changement, c’est une pierre angulaire (poussiéreuse) du système qui va laisser place à un héritier moderne, plus léger et plus sûr, qui devrait permettre aux laisser davantage de liberté aux développeurs pour leur permettre de modeler bien plus simplement qu’auparavant ce qui sera le Bureau Libre de demain …

Unity par Canonical

Unity est déjà utilisé dans la version d'Ubuntu destinée aux Netbooks. Mais Canonical a d'autrement plus grands desseins pour son environnement de Bureau maison.

2011 ou l’avènement d’un nouveau Libre ?

Si ces changements comptent bien sûr pour ce qu’ils sont et ce qu’ils apportent (des innovations techniques et fonctionnelles), ils marquent un changement important dans la manière dont ils ont été annoncés. Pas de palabres, cette fois-ci, ni de tables rondes ou ni de votes : « Mark le Dictateur » a évalué-choisi-et-imposé, et tout cela à propos d’éléments de tout premier plan et supposés jusqu’ici inamovibles  … un Steve Jobs du Libre serait né ?

Ce qui est certain, et qu’on ne peut trouver qu’encourageant, c’est que le Libre semble avoir trouvé en Mark Shuttleworth (et son avatar Ubuntu) ce qui lui manquait cruellement : l’esprit d’initiative.

Plus fort encore, le Libre, qui jusqu’au début des années 2000 était réservé aux barbus, puis qui cette dernière décennie avait trouvé une place auprès de grandes entreprises comme Google dans des domaines d’application très spécifiques, semble prêt – porté par des sociétés comme Canonical – à s’attaquer à l’ordinateur de l’utilisateur lambda (nous ne parlerons même pas de la tablette Ubuntu prévue pour début 2011 …).

Cela faisait longtemps qu’autant de révolutions n’avaient été annoncées dans le libre pour une simple et seule année.

Et pour la première fois, sans complexe. C’est peut-être ça, finalement, la vraie belle promesse pour 2011.

Bonne année à tous :-)

Prédiction : pourquoi les WebTV, « ça ne marchera jamais » 1



Je prends le paris : « La WebTV, ça ne marchera jamais ! ».

Google, Apple et consorts semblent ces derniers temps avoir beaucoup investi sur la TV connectée à l’Internet, mais Free, qui a aujourd’hui dévoilé sa nouvelle « Box », est le premier acteur français à hypothéquer l’avenir de ce qu’on nous promettait comme l’évolution certaine de nos salons.

La télévision : un objet connectable, mais éteignable

Si la télévision est certainement, avec l’ordinateur, l’objet du foyer diffusant le plus de médias, elle possède une lacune importante qui l’empêchera de devenir le carrefour de l’Information au sein d’une habitation : la plupart du temps, elle est éteine.

Or, le graal, le « HouseHub » si largement dépeint ces derniers temps ne peut se payer le luxe d’être indisponible à tout objet souhaitant se connecter à lui, ou lui pousser de l’information.

La télévision : un objet connectable, mais non connectant

Un autre aspect proche mais tout aussi handicapant est l’absence, dans les télévisions « Web » que l’on voit fleurir dans les magasins, de modem intégré. Cela signifie que la télévision est destinée à être un simple périphérique satellite de votre foyer, où tout objet connecté dépend finalement de la box mise à disposition par le Fournisseur d’accès Internet.

À partir de cette observation, il est légitime de se poser une question simple : quel intérêt y a-t-il pour une télévision à dupliquer des fonctionnalités et des applications « connectées » déjà potentiellement présentes sur un objet auquel elle est déjà naturellement reliée, à savoir la Box du fournisseur d’accès ?

Un univers on ne peut plus hétérogène

Les consoles de jeux vidéos sont à mon avis un bon outil pour aider à pronostiquer sur l’avenir des WebTV. Il s’agit en effet des objets les plus fortement reliés à la télévision de nos jours, et les plus proches de ce qu’on pourrait imaginer comme étant un « ordinateur de salon ». Or force est de constater que ce secteur n’a jamais su laisser de place à plus de trois acteurs sur une même période, et cette tendance est d’autant plus importante de nos jours car, les jeux actuels coutant de plus en plus cher à réaliser, les éditeurs ne pourraient se permettre le développement de l’adaptation de leurs produits à une demi-douzaine de plateformes différents.

Tout cela pour dire que la fragmentation, au niveau des applications « de salon », n’a jamais pris. Et quel objet technique complexe pouvons-nous trouver de plus divers, dans les foyers, que la télévision ?

Conclusion : la WebTV utile et puissante, ce n’est pas pour demain

Bien sûr, nous verrons malgré tout continuer à fleurir chez les revendeurs des télévisions connectés à l’Internet. Bien sûr nous pourrons accéder à YouTube, DailyMotion, Facebook et Spotify sur nos téléviseurs. Mais est-ce réellement tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un objet dont que évolutions techniques des dernières années littéralement transformé (HD, 3D, etc.) ?

Le pari est pris. Pour ma part, je me placerai du coté des WebTV-sceptiques, mais surtout du coté de ceux qui voient l’avenir du Foyer connecté en l’avènement de « Box » nouvelles génération, véritables « Hubs » médias/domotiques/applicatifs, tout aussi capables de diffuser des films que de fermer les volets de votre véranda lorsque la nuit tombe.

L’avenir tranchera !

PS : Quitte ou double : vers la disparition totale des télévisions ?

Un pari supplémentaire ? Plus risqué alors : et si la télévision telle que nous la connaissons disparaissait ?

Des produits tels que TiVo ont déjà, depuis quelques années, transformé la télévision en un objet sur lequel l’utilisateur prend de plus en plus le contrôle. L’avènement de YouTube ou DailyMotion accentue ce contrôle, et remet de plus en plus en question la nécessité d’être des chaines historiques.

Et si la vraie information était celle que l’on choisissait, celle qu’on voulait bien se laisser « Pusher », plutôt que celle qu’on veut bien nous servir à défaut d’autre chose … ?

L’histoire de mon Web 0



Le premier site Internet que j’aie réalisé (à titre amateur, j’étais alors collégien) avait été développé (…) sous Frontpage. Je me rappelle qu’à l’époque, ne connaissant rien au HTML/CSS et consors, j’avais été grandement enthousiasmé par les incroyables possibilités et la facilité d’utilisation de ce logiciel.

J’ai ensuite compris assez rapidement les limites du WYSIWYG – qui à l’époque, pour Frontpage était un « WYG sur Internet Explorer » – et j’ai entrepris l’apprentissage du HTML, CSS, JavaScript, et enfin du XHTML.

L’aspect que je trouvais le plus élégant dans ces langages était la manière dont ils se répartissent la présentation du contenu en couches imbriquées :

  • Structuration (HTML)
  • Présentation (CSS)
  • Comportement (JavaScript)

Ce qui m’intéressait tout particulièrement, c’était la direction dans laquelle souhaitait se rendre le W3C : vers un HTML « XML-isé », le plus agnostique possible du média sur lequel il était diffusé, mais surtout plus structuré, plus strict et plus « pur ».

À l’époque (ça devait être aux alentours de 2004), j’avais également eu vent d’un HTML5 (sans X devant), disputant à XHTML2 l’héritage du HTML. Ce langage était sensé apporter entre autres et de nouveaux concepts (web sémantiques) et de nouvelles fonctionnalités (possibilité d’embarquer du contenu audio et vidéo)  : il était donc complètement à l’opposé de la philosophie du XHTML. Et une source d’incompréhension pour moi.

À l’époque, YouTube n’existait pas, et les vidéos et l’audio embarquées n’étaient pas légion, et les connexions d’alors n’encourageaient pas forcément leur utilisation, je ne comprenais donc pas l’intérêt des balises Média. De plus, de nouvelles balises, ça voulait dire de nouveaux éléments à supporter pour les navigateurs, et vu les énormes différences qui existaient alors entre les rendus des différents navigateurs du marché d’alors pour une même page …

Et pourtant, c’est bien le HTML5 qui a gagné ! Malgré les orientations initiales du W3C, XHTML2 a été délaissé au profit de HTML5, la vidéo arrive dans les pages Web (sans Flash !), et le HTML a définitivement échangé ses rêves d’universalité contre un pragmatisme à toute épreuve.

Et c’est tout de même (c’est avant tout) une victoire du Web !

Mais je disserterai sur ça plus tard … :-).

Restart and Reboot Yourself 0